The Academy – La Première Énigme

Ça y est, il est sorti ! Le jeu The Academy – La Première Énigme, développé par Pine Studio et édité par Snapbreak Games est disponible sur Steam.

La bande-annonce (en V.O.)

Le jeu se situe à la croisée d’un Professeur Layton (pour les énigmes) et d’un Harry Potter sans magie (pour l’environnement). Il y a un petit côté bac à sable trompeur, dans le sens qu’on peut souvent se balader dans les couloirs de l’Académie et trouver des énigmes cachées et des quêtes secondaires. Le jeu cible un public assez jeune, et se veut le premier chapitre d’une saga à venir.

Le travail de traduction s’est organisé à travers différents Google Docs fournis par l’éditeur. D’abord réuni dans un seul grand fichier, il a été découpé en plusieurs fichiers catégorisés (dialogues, accomplissements, livres, énigmes…) à mesure que le travail avançait.

Exemple de Google Docs pour la traduction

Au final, la traduction représente un corpus de plus de 80 000 mots répartis en une vingtaine de fichiers différents. J’ai utilisé VS-Codium (un fork opensource de Microsoft Visual Studio) pour travailler sur les versions. Chaque session de traduction a ensuite été passée au crible d’Antidote avant d’être reportée sur le Google Drive correspondant.

La principale difficulté du travail réside dans le contexte des éléments à traduire. Les énigmes en elle-même n’ont pas été compliquées, il fallait juste bien comprendre le sens des explications pour ne pas dénaturer ou rendre incompréhensible la devinette elle-même.

Certains décors sont plutôt réussis.

Toute la partie dialoguée, a contrario, a présenté plus de difficulté. Il faut savoir que les traducteurs n’ont reçu quasiment aucune image du jeu, et pas de mise en contexte. Il m’a fallu découvrir au fil des dialogues les personnages, les lieux et les péripéties qui n’étaient — progression non linéaire oblige — pas forcément dans un ordre chronologique.

Un des problèmes auquel j’ai fait face – et dont certaines occurrences sont encore à corriger – c’est le cas du tutoiement/vouvoiement. En Anglais, il n’existe qu’un cas, or en Français, nous en possédons trois ; le tutoiement, le vouvoiement du pluriel (on s’adresse à plusieurs personnes) et le vouvoiement formel (on s’adresse poliment à une seule personne).

Dans la manière dont le texte original m’a été fourni, il m’a été parfois très difficile de déterminer devant quel cas le dialogue se trouvait. La plupart du temps, en lisant et relisant les dialogues autour de la phrase à traduire, je suis parvenu à comprendre qui s’adressait à qui et dans quel contexte, et je pouvais adapter la tournure.

Un exemple d’énigme (en V.o.)

Un autre aspect redoutable pour tout traducteur : les jeux de mots et les tournures familières ou argotiques. Heureusement, il y a eu peu du premier (et jamais impactant pour l’essence du texte), et j’ai pu trouver de l’aide pour le second quand je me suis retrouvé devant une phrase qui pour moi n’avait aucun sens.

En conclusion, pour une première grosse traduction d’un « vrai » jeu (je travaille occasionnellement pour Snapbreak en traduisant de petits jeux pour portables, ce qui représente une moyenne de 2000 mots), l’expérience a été très intéressante, motivante et amusante. Je croise les doigts pour le succès du jeu, si ça peut motiver mon commanditaire à créer des suites ou éditer d’autres « gros » jeux pour PC.

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