Le projet Nouvelles à la Carte

L’atelier d’écriture participatif

En quoi ça consiste ?

Pour le moment, ce projet est en sommeil.

Le principe du projet était le suivant : avant chaque publication d’une nouvelle, les internautes suivant le projet sur Facebook, Twitter ou via la nouvelettre, étaient invités à proposer un ou plusieurs éléments qui seraient ensuite directement intégrés à la prochaine nouvelle ; un extrait, des personnages, des éléments-clés, des titres, etc…

Une fois la fin de la période de soumission arrivée, tous le monde était invité à voter pour élire la ou les soumissions que l’on désirait voir utilisées dans la future nouvelle.

Une fois le vote clos, je me mettais au travail et je développais l’histoire autour des éléments qui avaient recueilli le plus de votes.

Lorsque la nouvelle était terminée, elle était publiée sur le blog, ainsi que sur Medium et Wattpad.

Et, on recommençait sur un nouveau challenge…

 

Cinq nouvelles furent publiées, une sixième est restée au stade de la correction.

Nouvelle n°1

Nouvelle à la Carte n°1 - la Tour du Désert

La première nouvelle du projet a été publiée en avril 2014.
Lorsqu’elle a été élaborée, le principe des Nouvelles à la Carte était encore embryonnaire. Pour ce premier texte, j’avais écrit trois extraits de textes, sans réfléchir, presque en écriture automatique. Puis j’ai commencé à sonder les amis écrivains sur Facebook sur lequel des trois textes ils auraient aimé connaître l’environnement, l’histoire cachée derrière. C’est donc la Tour du Désert qui a été choisi. À mesure que la nouvelle s’écrivait, le projet prenait naissance.

La nouvelle raconte les péripéties de l’inspecteur Bénabirès, homme bourru et aux manières déstabilisantes menant une enquête étrange au sein de la non moins étrange Tour du Désert, sorte de Babylone du futur.

La couverture est signée par le studio Haggappy.

Nouvelle n°2

Nouvelle à la Carte n°2 - l’Épave

La deuxième nouvelle du projet a été publiée en juillet 2014.
Cette deuxième nouvelle est, en fait, la première véritablement élaborée sous la bannière des Nouvelles à la Carte. La demande de participation consistait à me faire parvenir des extraits d’un texte, à la manière de ce que j’avais fait pour la toute première. Les contraintes imposées étaient les suivantes : un extrait court, qui ne soit ni l’introduction, ni la chute ou la conclusion. Il fallait également que l’extrait ne soit pas trop imposant.
Peu de personnes ont finalement osé participer parce qu’ils ne se sentaient pas assez talentueux pour écrire. Je me suis rendu compte également que c’était injuste et frustrant pour les participants n’ayant pas été sélectionnés. J’ai renouvelé l’expérience avec une méthode différente pour la sixième nouvelle.

C’est donc Olivier Saraja qui a été choisi, et voici l’extrait qu’il m’avait fait parvenir :

La gamine courait pieds nus dans le sable, son pantalon jean’s retroussé un peu en-dessous des genoux. Elle riait tandis qu’elle chassait les mouettes, qui prenaient leur essor gracieux vers les nuages cotonneux. Comme à son habitude, elle prit en direction du phare qui se dressait au bout de sa jetée naturelle de pierres. Là, elle retrouverait Jacquot, son compagnon de vacances, et ils passeraient la journée à s’imaginer des histoires fantastiques. Mais aujourd’hui, alors que la marée était anormalement basse, son regard fut capturé par le gigantesque squelette d’un navire abîmé.

Mais ce n’était pas un vaisseau moderne, ainsi qu’en témoignaient sa coque en bois vermoulu, les voiles en toile déchirée, et la figure de proue d’une laideur repoussante, qui évoquait à la fois l’homme et la pieuvre.

Jacquot était déjà en train d’explorer les abords, se débattant dans les algues qui semblaient avoir été arrachées aux fonds marins en même temps que l’épave.

La nouvelle raconte les mésaventures de Chloé et son ami Jacques, tous deux sur les traces d’un grand-père fantasque et voyageur.

La couverture est signée par le studio Haggappy.

Nouvelle n°3

Nouvelle à la Carte n°3 - La prime aux chåtons

La troisième nouvelle a été publiée en novembre 2014.
Pour ce texte, j’avais demandé et mis au vote trois éléments qui devaient être fondamentaux dans l’intrigue ; un personnage, un lieu et une époque. Le palmarès a été le suivant :

Le personnage, suggéré par Jérémy Sirugue, serait un gobelin. Le lieu, là encore proposé par Jérémy Sirugue, serait des toilettes, et enfin l’époque, donnée par Nicolas B. Wulf : vers l’an 2200.

Cette nouvelle a eu une gestation difficile. J’ai pourtant eu très tôt tous les éléments en main (et je ne parle pas seulement de ceux proposés par les internautes), mais une fois arrivé aux ¾ de la rédaction du texte, quelque chose s’est grippé et m’a fait prendre conscience que rien de ce que je venais d’écrire n’était bon et, surtout, ne se dirigeait pas vers la bonne fin. Il m’a fallu une petite période de deuil avant de tout effacer et reprendre la rédaction, avec l’angoisse de tomber à nouveau dans une ornière.

Néanmoins, les mésaventures quantiques et félines de Goji le gobelin ont fini par être publiées, et c’est un des récits qui me plaît le plus. Une anecdote, offerte par Jérémy dans la description qu’il m’avait livrée du personnage, a donné naissance à une collection de récits que vous trouverez dans les liens ci-dessous.

La couverture est là encore signée par le studio Haggappy.

Lire «Comment l’oreille de Goji a disparu»

Nouvelle n°4

Nouvelle à la Carte n°4 - Le vol du métro mondial

La quatrième nouvelle a été publiée en avril 2015.

Cette fois, le trio réclamé aux internautes était le suivant : un genre, un moyen de transport et une arme. Ainsi, après le vote, le choix du public s’est porté sur le trio suivant :

Le genre choisi : une dystopie, suggéré par Pascal Bléval. Le moyen de transport fut un métro mondial, suggéré par Marion Demol, et l’arme était un bâton de pluie, proposé par Marie T.

Même si on m’a dit tout à fait le contraire, j’ai sincèrement eu le sentiment de manquer d’inspiration sur ce texte. La nouvelle raconte donc les aventures d’une bande de voleurs dans un monde parallèle, à la poursuite d’un étrange objet.

La couverture est, comme d’habitude, signée par le studio Haggappy.

Nouvelle n°5

Nouvelle à la Carte n°5 - Pois Bielle & Associés

La cinquième nouvelle a été publiée en juillet 2015.

Contrairement aux deux éditions précédentes, au lieu de demander et de mettre au vote trois éléments séparément, cette fois il fallait fournir et voter pour un trio d’éléments ; les trois ou rien du tout. Et ce que je demandais était beaucoup plus simple : il fallait me fournir trois mots clés.

C’est celui donné par Laura Billiau : un tricycle — de la magie — des petits pois luminescents

Et je n’ai, curieusement, eu aucune hésitation sur la tournure de l’histoire. Ce qui a été un poil problématique, c’est la fin. D’ailleurs, il existe une fin alternative. Celle qui figure dans la nouvelle est issue de la discussion avec les relecteurs. J’avoue, je n’arrive pas à savoir laquelle est la meilleure.

Enfin, la couverture est encore une création du studio Haggappy.

Nouvelle n°6

L’Ā-Ville

La sixième nouvelle n’a jamais été publiée. Je la livre ici en l’état ; à peine une légère repasse sur le 1er jet.

Le challenge sur cette nouvelle reprenait le principe de la n°2, à savoir demander à un auteur d’écrire un extrait du texte final que j’aurais alors à inventer. Contrairement à la 2ème nouvelle pour laquelle les participants avaient déjà écrit leur extrait, j’ai voulu éviter de la frustration aux participants non choisis. J’ai donc battu la campagne de mes contacts plumitifs (des plus intimes aux plus distants) pour leur demander s’ils accepteraient de se plier au jeu. La règle était simple : «Acceptez-vous de figurer au vote, avec le risque de ne pas être élu ?». 99% ont dit oui. Et, pour éviter le travail inutile, seul l’auteur choisi avait la lourde tâche d’écrire quelque chose.

C’est donc Mathieu Rivero qui a été choisi. Voici ce qu’il m’a offert :

Lorsque j’ouvre le passage vers la rue noire, mon petit ami hoquette de surprise. Depuis quand est-il aussi impressionnable ? Guillaume, lui, a le sourire d’un gamin de dix ans à qui on propose de faire une connerie.

« Alors tu l’as trouvée. La ville dans la ville, marmotte Yassine d’un ton distrait. Y a quoi, tu as visité ?
— Pas encore. Je n’allais pas y aller sans Gui et toi.
— T’es géniale. »
Yassine se glisse derrière moi, m’enlace et dépose un baiser léger au creux de mon cou. J’ai envie de le repousser ; ce n’est pas le moment.
L’ouverture béante dans le mur dégouline d’une ambiance poisseuse, les murs seulement illuminés de lueurs bleues et froides. Mais quelque part, la ville dans la ville nous appelle. Qu’y a-t-il entre les rues, dans le creux des murs et des combles inutilisés ? Qui habite cette cité secrète ?
Yassine place sa joue rugueuse contre la mienne. Blanchi par le froid, son souffle se mélange au mien. Guillaume passe devant nous et, à peine devant l’entrée, referme son blouson en cuir et fait volte-face. Dans sa main, un objet oblong brille d’un éclat métallique.
« Bon, les tourtereaux, on y va ? »

Je n’ai pas vraiment eu de difficultés à écrire le premier jet, mais la nouvelle et tout le projet (le challenge pour la n°7 avait été lancé et j’avais déjà reçu des soumissions) sont alors tombés dans un trou noir, résultat de mauvaises gestions de mes séances d’écriture, de la disparition graduelle de tout béta-lecteur et d’une érosion malsaine de motivation (et pas uniquement sur l’écriture).

Donc, pour le moment, le projet est en sommeil. Sachez qu’il a été discuté d’une résurrection dans un cadre particulier, mais ce n’est pas pour tout de suite, et il y a pas mal de choses à régler avant.

Mes sincères et plates excuses à Mathieu Rivero, qui n’a pas vu sa participation concrétisée jusqu’au bout, ainsi qu’aux lecteurs et participants qui –même muets– ont suivi ce projet.