Un petit titre légèrement ambigû pour une journée légèrement différente des autres.
Oh, je tiens à prévenir mes (éventuels) lecteurs… Je vais raconter ma vie dans la suite de ce post. Si vous sentez d’ors et déjà un début d’ennui, arrêtez ici votre lecture. Je ne vous en voudrais pas… ;)

Ma journée a commencé tôt. Huit heures pour un samedi, ça n’est pas forcément raisonnable quand on a une semaine de boulot dans les pattes et qu’il traîne à la maison un petit air de rhinopharyngite. Néanmoins j’avais à faire.

Pour commencer, après un petit café, quelques broutilles nourricières et du tripotage de Linux, je me suis rendu sur les coups de 9h45 au Décathlon des Milles, faire l’emplette de petits accessoires recommandés par mon Sihing((cf plus bas)).
Bien évidemment, je suis arrivé plus vite que prévu, étant donné que la voix rapide était complètement dégagée. En semaine elle n’a de rapide que le nom, étant encombrée de milliards d’automobilistes apparement très pressés d’arriver à l’heure au travail.
Une fois sur le parking désert du Décathlon, j’ai découvert que le magasin n’ouvrait qu’à 9h30. Je me suis donc écroulé derrière le volant de ma Voiture-à-Pédales, écoutant France Info et Culture passer de la musique des jours de grève et tripotant mon portable pour m’ennuyer sur les status Facebook des « amis ».
La demi-heure passée, je suis allé tranquillement me procurer ce que mon Sihing((cf pareil)) m’avait indiqué sur ma liste de rentrée; des gants de karaté, une coquille, un protège-dent((là, vous devez commencer à vous douter de quelque chose)).
Une fois sorti, j’ai foncé sur Aix. En respectant les vitesses.

Une fois garé derrière les Allées Provencales, je me suis retrouvé … à attendre 15 minutes l’ouverture de la Fnac. J’en ai profité pour passer un ptit coup de fil que j’avais eu l’indélicatesse de promettre la veille au soir.
Les portes ouvertes je fonce au rayon DVD m’emparer du seul (apparement) exemplaire de l’excellent film iranien « Les Chats Persans », film underground et presque pirate sur la musique interdite en Iran; le film est un bijou sur plusieurs plans; d’abord c’est un film « volé », tourné clandestinement. Ensuite les acteurs n’en sont pas pour la plupart, ce sont les musiciens et chanteurs dans la vraie vie incarnant leur propre rôle et faisant écouter la musique qu’il leur est interdit de jouer sous peine d’emprisonnement ou de fouet. Enfin l’histoire est triste et belle et les musiques entendues sont excellentes. Lorsque nous sommes ressortis du cinéma, je m’étais promis de l’acheter. C’est assez rare pour le souligner :)
Bref, à part ce DVD, je suis allé faire l’emplette de deux bédés; un Robert Crumb et un Johann Sfar((j’ai oublié les titres, mais je les ajouterai plus tard, promis)). Emballé, pesé, pochettes-cadeau ajoutées, et hop !

Une fois sorti, à peine le temps de déposer les paquets dans la voiture, me voilà à la terrasse de l’Estello pour un café-express en compagnie des marins d’eau douce Luc & Jean-François. Vingt minutes c’est vraiment limite, mais l’heure tourne et me voilà reparti. Rendez-vous avec mon Sihing et les autres élèves au parc de la Torse. Il est onze heures.

Arrivé à la Torse, je suis presque le dernier. Mais à l’heure. En jogging et t-shirt. Je n’ai pas encore la tenue « règlementaire » mais elle devrait arriver… un jour :)
Et c’est parti pour une heure et demi d’entraînement au Wing-Tsun((ou Wing-Chun; prononcer « ouinge-tsône » ou « ouinge-chône »)). Et voilà où je voulais en venir pour ceux qui ne seraient pas encore au courant (et je crois que ça ne concerne personne en fait), je fais depuis trois semaines un sport de combat (ou de défense plutôt). Il s’agit d’un des nombreux styles de kung-fu. Le wing-tsun a été popularisé par Bruce Lee qui le pratiqua au début de sa carrière. Mon Sihing((mon prof, comme vous l’aurez compris)) m’a de suite prévenu sur sa philosophie; pas de costume à la Dragon Ball, pas de « magie » ou de mysticisme, pas de tao aux noms d’animaux exotiques. Que les mouvements, les attaques, les parades. Bref, un cours dépoussiéré de son aura d’invincibilité, juste le contenu efficace et pratique.
Concrètement, nous ne portons qu’un survêtement noir avec l’écusson du Wing-tsun, un t-shirt avec le même emblème au dos, et c’est tout (hormis protections corporelles citées plus haut). Pour l’exécution c’est la même chose; il montre les postures, cite leurs nom en précisant qu’il n’est pas nécessaire de l’apprendre par coeur (le nom), montre à quoi sert le geste, montre également (c’est en général plus douloureux) ce qui arrive si le geste n’est pas exécuté correctement, et c’est tout. Et c’est largement suffisant.

Le Wing-tsun signifie « mains collantes ». Mis à part donner libre court aux jeux de mots les plus graveleux possible dans le cadre de mon travail, cela décrit très clairement le principe de cette discipline; les mains (et les jambes) sont en permanence en contact avec le corps de l’adversaire. Le Wing-tsun se base sur le principe que la sensation tactile est plus efficace et rapide que la vue. Ainsi mains, bras et jambes en contact véhiculent beaucoup d’informations sur les intentions de mouvement de l’adversaire. Un exemple parmis d’autres; on essaye toujours d’avoir la jambe en contact avec celle de l’adversaire, et ainsi si celui-ci veut lancer un coup de pied, notre jambe sent immédiatement le changement de posture et permet de contrer le coup quasiment en même temps (voire par anticipation) qu’il est porté.
De plus, le contact permet également de se servir d’une part du corps de l’adversaire comme point d’appui et d’autre part lorsqu’il attaque, de se servir de son énergie pour le contrer ou le dévier.

Pour l’heure (et pour l’année en cours) je reste un grand débutant, mais très motivé. Le fait est que nous ne sommes actuellement que quatre élèves. Mis à part moi, les autres ont tous entre quatre et cinq ans d’entraînement. Le sihing s’est donc servi de moi comme cobaye. J’ai donc eu droit à mon content de coups du plat de la main contre diverses parties de mes bras, quelques torsions de l’épaule, du coude, de la nuque et du dos et -si je me rappelle bien- un coup sur la joue (par erreur, donc).
Dit comme ça, ça a l’air terrible. Après tout il s’agit de combat, d’art martial. Et pourtant, l’ensemble des mouvements forme une sorte de poésie corporelle; il y a dans ces postures typiquement asiatiques une sorte de grâce essentielle. Et puis j’avoue que tout ce travail me fait me sentir bien; j’ai un réel plaisir à mettre un peu à contribution mes pauvres muscles atrophiés d’infographiste sédentaire. Et même si ce sihing prend bien soin de balayer de ses cours tout sentiment de supériorité dû au fait qu’on devrait grâce à ses cours être capable de mettre un adversaire moyen au tapis en moins de 30 secondes, j’ose avouer que l’esprit du combat ne m’est pas complètement désagréable.
Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Ca reste pour moi un sport, une occasion de me défouler et me remuer la couenne et le gras (double).

Suite à ça, sur les coups de 12h30, j’ai rejoint le reste de la famille à quelques centaines de mètres pour le repas sabbatial traditionnel, si ce n’est qu’en plus nous en avons profité pour fêter l’anniversaire de ma Douce. D’où les achats fnacesques sus décrits.
Après le café, nous avons ramené les enfants et les cadeaux à la maison et nous avons filé sur Marseille. Car oui, nous étions le 2 octobre, date de la nouvelle manifestation !

Garés derrière le pharos vers 15h30, nous avons rallié le Vieux Port où la tête de la manif chantait copieusement devant une dizaine d’escouade de CRS. Ceux-ci m’ont impressionné. Cela faisait longtemps que je n’en avais pas vu, et leur équipement a bien changé depuis la dernière fois; jambières, brassières, gilet et épaulettes en plaquettes plastique ou composite. Etonnamment ils m’ont fait penser à des hommes en armures; un croisement improbable entre l’armure d’un chevalier médiéval et les protections de chapions de BMX.
Nous avons ensuite remonté le cortège à contre-sens, remontant la Canebière pour retrouver les collègues et amis de ma Douce qui défilaient sous la bannière du FSU. Une fois rejoint, nous nous sommes intégrés et tout en marchant au pas du cortège, nous avons taillé le bout de gras.
J’ai donc, enfin, manifesté contre ce projet de retraite. Content.
Sur ce, pas mal de temps après, nous sommes donc revenus à notre point de départ, c’est-à-dire le carrefour formé par le télescopage entre la Canebière et le Vieux Port. Arrivés là, ce qu’il convenait de faire fut rapidement et unanimement approuvé : « On va boire un coup ? »
Ainsi, à quelques encablures du défilé qui -au bruit- se poursuivait, nous avons fait terrace. Une fois éclusé nos différentes boissons, chacun est reparti vers d’autres aventures, et nous, nous avons décidé de profiter d’être à Marseille pour déambuler.

Ce qui nous a amené à deux conclusions; d’une part si c’était possible au niveau déplacement et espace, nous aurions bien aimé nous installer à Marseille parce que, d’autre part, c’est une ville où il y a de la vie.
Je dis cela, parce que le contraste entre Marseille et Aix est monstrueux et affligeant (pour Aix). Cette ville qui se dit touristique, bourgeoise, chic et culturelle n’est rien de tout cela. Derrière la façade de ville accueillante et mignone ne se cache qu’un ramassis de vielle mentalité et d’uniformité bon teint. Quelque chose qui sonne furieusement UMP si vous voyez ce que je veux dire.
A contrario Marseille, à l’instar de Paris, Lille, voire Barcelone((Je ne parle que de ce que je connais…)) est une ville vivante, cosmopolite, avec une réelle vie et activité de quartier. On y croise toutes les couleurs, tous les genres, toutes les gueules, et qu’on les apprécie ou pas, tous cela a une légitimité, un réel droit aux racines dans cette ville. C’est un grand village à l’esprit résolument méditérannéen. Quoiqu’on en dise et qu’on en pense, quand je traverse les quartiers marchants où se côtoient boucheries halal, épiciers orientaux et théories de petits vieux de toutes les ethnies possibles, je ressens clairement la Massalia fondée par les grecs. Je suis dans la Méditerranée.
A Aix ? Je me sens dans une grande galerie commerciale chic à ciel ouvert. D’ailleurs, promenez-vous le dimanche à Aix, vous verrez bien qu’en tant que boutique la ville est complètement morte.

Avec ce tourbillon de pensées pro-marseillaises et anti-cons-d’Aixois, nous sommes rentrés tranquillement à la maison, en nous promettant d’éviter d’avoir à attendre un an entre chaque visite à la célèbre cité Phocéenne (tout en contournant Aix, cela va de soi…)

Ainsi se termine une journée de ma ptite vie. C’était très intéressant, n’est-ce pas ?
En tout cas, moi, j’en garde un souvenir bien ancré.

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