Ma vie avec un Ipad

Commentaire 1
Divers

Ma vie avec un Ipad

Partie 1 – Mise en contexte

En préambule, il faut que je précise deux choses me concernant. Tout d’abord, je suis un véritable geek. Enfant dans les années 80, j’ai grandi en même temps que l’informatique domestique et les loisirs numériques. Mes doigts se sont exercés à tapoter des claviers successifs ; TRS-80, ZX Spectrum, Commodore 64, puis ils sont passés aux premières consoles ; NES, S-NES, N-64, etc. Et cette passion est toujours présente (j’en ai plus ou moins fait un corollaire dans mon métier) même si je l’ai réfrénée pour des raisons de budget et de manque de temps, et peut-être aussi un peu de place (j’ai toujours un Apple //c, un Macintosh et une Dreamcast qui dorment dans les cartons en attendant le jour où j’aurai assez d’espace pour les installer correctement. Mais ça, c’est une autre histoire…)

La deuxième chose à savoir, c’est que je suis un ex-macoufiste repenti. Pendant très longtemps j’ai utilisé des ordinateurs Mac. Mais il s’agissait de machines de travail datant d’avant l’ère hype de la marque à la pomme. Mon premier Mac était un G4 Quicksilver tournant sous os9.
L’appareil, impressionnant par son poids autant que par son design (c’était la première fois qu’un ordi prétendait être aussi élégant extérieurement qu’intérieurement) était livré avec une version prototype du futur osX, juste pour le tester (aucune application n’avait encore été adaptée pour) et, franchement, à l’époque, personne n’y croyait.

J’ai gardé du Mac comme outil de travail de 2002 à 2006, année durant laquelle j’ai vu mourir mon petit Macbook. Je me suis alors rendu compte que je ne pouvais plus me permettre d’injecter autant d’argent dans une machine dont le rapport budget/puissance devenait ridiculement déséquilibré.
A cette époque, Windows était revenu sur le devant de la scène avec XP, une version propre, stable et fonctionnelle. Pour moins de la moitié du prix demandé pour le remplaçant du Macbook, j’avais une machine tout aussi performante et stable.

Enfin, alors que les trois quart de la planète semblait pris d’une frénésie addictive aux iPhone et autres iPad, je suis passé complètement à côté (et le suis encore) pour les mêmes raisons ; c’est trop cher et la concurrence propose aussi bien pour une fraction du prix.

Mais il existe une troisième raison qui m’a poussé à m’éloigner du monde merveilleux d’Apple ; la philosophie du « tout cloisonné, tout propriétaire ». Même si je ne suis pas un inconditionnel de la chose, j’aime comprendre et maîtriser les outils que j’utilise. Le PC, qu’il soit sous Windows ou Linux, et le smartphone sous Android donnent cette possibilité à qui veux mettre le nez derrière le rideau.
Par exemple, lorsque je transfère des images ou des musiques dans mon smartphone, je n’ai qu’à le brancher en USB, glisser-déposer les dits fichiers dans la carte SD depuis mon PC comme je le ferais pour n’importe quel disque dus ou clé USB. Et je sais précisément où ils se trouvent dans la mémoire de mon portable. Une chose totalement inconnue pour un possesseur d’iPhone ou d’iPad.
Et c’est quelque chose qui m’agace prodigieusement. Mais j’y reviendrai un peu plus tard.

Bref, rien ne me prédisposait à ce qu’un jour un iPad trône entre mon smartphone Huawei P8 sous Android et mon PC Asus sous Win 10. Ni que je passe un moment à rédiger cet article dessus, en utilisant l’application IA Writer. Que s’est-il donc passé pour que je donne l’impression de renier mes principes ?

C’est très simple ; on m’a confié un iPad. Pour rétribution en manière de salaire. Pourquoi pas, puisque j’avait émis l’idée qu’une tablette pouvait s’avérer utile, lors d’une rencontre avec un client, à plusieurs choses ; montrer des éléments graphiques (sources d’inspiration, avancée de réalisations…), prendre des notes et chercher des tarifs d’impression par exemple. C’est tout de même plus facile à transporter, moins encombrant et moins dangereux que de déplacer l’ordinateur lui-même, fut-il lui-même portable mais pesant quelques kilos.

Et puis, une autre facette de l’objet m’intéresse. Une utilisation que j’avais déléguée au prédécesseur de mon ordinateur actuel (un brave Vaio qui n’a pas compté ses heures pour moi) ; une machine à écrire numérique. Le Vaio avait été recyclé avec l’installation d’une distribution Linux (tout y est passé, mais je suis revenus à Ubuntu par facilité), une suite Libre Office et Antidote.
Las, la prise d’alimentation (le talon d’Achille des portables) a cassée. Déjà réparée par le passé, je n’avais plus envie d’investir dans cet ordinateur. Je l’ai donc définitivement mis à la retraite.

Or, on m’a souvent vanté les appareils iOs comme étant des merveilles pour l’écrivain. C’est donc l’occasion de mettre cet aspect de leur ergonomie à l’épreuve, d’autant que l’appareil m’a été confié équipé d’une housse de protection Logitech Type incluant un claver physique complet.

C’est donc ce que je me propose de faire dans cette mini série d’articles ; vous raconter ma vie numérique avec un iPad. Alors, en avant vers le monde merveilleux et légèrement satiné d’Apple.

La petite critique du jour : Mars Horizon

Laisser un commentaire
Bouquin / Copains / Geekitude / Loisirs

Mars Horizon de F.Porcel & E.Surcouf - Bandeau

Mars Horizon

Scénario de Florence Porcel, dessins de Erwann Surcouf

Je ne vous le cacherai pas ; je guette avec avidité la sortie d’un album signé Surcouf. Le dernier, PouvoirPoint, fut un régal à plusieurs niveaux. Restant dans la veine SF (anticipation cette fois, pour ne pas froisser les amateurs d’étiquettes), Mars Horizon permet à Erwann de rester dans l’espace.

L’album nous raconte les premiers jours d’une équipe d’exploration internationale qui marque le premier pas de l’homme sur Mars, dans les années 2080. Il est scénarisé par Florence Porcel qui, au vu de son pedigree, semble être promise à remplacer un jour dans mon fil Twitter un certain @Thom_astro

Lire la suite

Un souvenir au goût de poussière

Commentaire 1
Création / Ecrivaillerie / Humeur / Moi

J’ai treize ans de moins. Mes études sont finies, je viens de sortir du service militaire obligatoire. Je vis à Paris, et je dois gagner ma vie. Lorsqu’on pose les choses à plat, parfois cela ressemble à un synopsis de jeu d’aventure. Mais ça n’en a que l’aspect.

J’ai l’impression de me réveiller. Mes yeux se posent sur le gobelet en plastique qu’on vient de me donner. À l’intérieur, un liquide marron foncé dégage de légères et éphémères volutes. On me propose d’y mettre du sucre. J’en conclus qu’il s’agit de café, mais rien ne le laisse soupçonner. Tout ici est artificiel, jusqu’au café qui n’en a que l’apparence.

Le col de la veste qu’on m’a prêté me gratte. C’est un vilain blazer, à la coupe horrible, au tissu rêche, à la couleur de tristesse. J’imagine que c’est un produit bon marché. Je suis obligé de la porter, ça fait partie du job. Comme je ne possède pas ce genre d’article vestimentaire, mon employeur me l’a complaisamment confiée, en spécifiant que je dois la rendre propre et en bon état si je ne veux pas que mon salaire soit érodé. Je me considère comme chanceux ; je ne suis pas obligé de porter de cravate tant que je mets la veste. Et réciproquement. Je supporterai le grattement du tissu moche contre mon cou plus facilement que l’espèce de cordelette qu’on m’a proposé d’y nouer. Je n’ai jamais compris le principe de la cravate. Ce ruban de chiffon qu’on s’oblige à s’accrocher autour du cou, quelle valeur véhicule-t-il au juste ? Fonctionnellement, il ne sert à rien, esthétiquement c’est une convention. Pour moi, ça reste un mystère. La seule chose qu’il m’évoque c’est le bout de corde que le futur pendu sent autour de sa nuque.

Je soupire. Très silencieusement pour ne pas m’attirer de regard réprobateur de ma supérieure. Tout comme le café, l’air n’a aucune saveur. La tour où je me trouve est climatisée. À ces étages, aucune ouverture directe ne donne sur l’extérieur. L’air qui circule est passé par mille tuyauteries, mille ventilations, mille filtres. Et mille paires de poumons. Je respire un air trop usé. Il ne porte plus rien, on dirait tout son oxygène épuisé.

J’entends parler. C’est ma supérieure qui nous briefe, ma camarade et moi. Je force mon attention pour tenter de l’écouter, mais mon esprit est trop élastique. Je tends l’oreille, mais elle revient presque immédiatement à mes pensées.

Ma camarade a à peu près le même âge que moi. Elle porte une sorte d’uniforme bien mieux que moi mon affreuse veste. Mais elle est à sa place, elle. Je suis la pièce rapportée, le parasite. En tout cas, c’est comme cela que je vois les choses. Le faux café n’en finit pas de refroidir. Je songe à la manière dont je pourrais le convoyer aux toilettes les plus proches pour m’en débarrasser. Mon regard retourne automatiquement à la baie vitrée, en face de notre comptoir d’étage. Je n’y vois que des tours ; acier, verre, béton. Pas une trace de vie. Un mausolée géant dont les saprophages me sont invisibles encore, terrés derrière ces paroirs immenses.

Le brief est terminé. Je comprends ce qu’on attend de moi ; faire du baby-sitting de grands enfants aux occupations très importantes. Je suis hôte d’étage. À la manière d’un majordome, je dois exécuter sans sourciller ni discuter les tâches que les porte-cravates de ce niveau seraient amenés à me confier. Cela pourra aller de : brancher une prise réseau à aller chercher une voiture au garage. Essentiellement, ce sera surtout indiquer le numéro et l’emplacement d’un bureau ou d’une salle.

J’acquiesce mollement. Je me sens absent. Le lieu et l’occupation me semblent tellement loin de ce à quoi je peux aspirer que j’ai du mal à garder prise avec la réalité. Tout est si artificiel, jusqu’aux vêtements qu’on m’oblige à porter que je ne me sens que lointainement concerné, comme télécommandé.

La supérieure s’en va. Elle a d’autres étages, d’autres robots à briefer. Il nous reste quelques minutes avant que notre noble tâche ne commence vraiment. Je me lève, abandonnant mon gobelet derrière le comptoir, et vais me planter devant la vitre. Dans mon dos, ma camarade papote. J’ignore si elle s’adresse à moi ou si elle soliloque. Peu importe, je n’écoute pas.

Vingt étages jusqu’au sol. La vue est impressionnante à défaut d’être belle. En bas, des fourmis humaines tracent des trajectoires d’apparences aléatoires sur le parvis. Cela renforce mon image d’un cimetière pour géants. Je me prends à respirer plus fort, comme si mon corps tentait d’aspirer l’air frais qui se trouve de l’autre côté. Je n’avale que de l’air stérile. Je soupire. Mes yeux parcourent les façades aveugles malgré les centaines de fenêtres. On ne ressent rien de vivant dans ce paysage.

Mon regard revient au sol. Je me demande fugacement combien de temps durerait une chute depuis cet étage. Trop longtemps pour l’esprit humain, j’imagine. À quoi peut-on bien penser pendant ce temps-là ? Je me souviens d’une nouvelle de Buzatti racontant comment, par un procédé divin, un auteur de théâtre ligoté devant un peloton d’exécution se voit accorder que tout se fige pour lui laisser la possibilité d’écrire dans sa tête sa dernière pièce. Une fois celle-ci achevée, le temps reprend son cours, et les balles le frappent. J’avais trouvé ce texte à la fois magnifique et déprimant. Est-ce que j’aurai le temps d’écrire un roman si je sautais ?

Mais c’est inenvisageable. On m’a expliqué qu’à cause de la pression à cette hauteur, il est impossible d’avoir des fenêtres ouvrantes. Je me dis qu’en fait, c’est aussi peut-être pour empêcher les gens de sauter. Dans ce monde si artificiel, si minéral, si hypocrite, ça semble alors très attirant. Tester si l’on est encore vivant de la manière la plus sûre qui soit.

Un toussotement m’arrache à mes rêveries. Ma camarade me fait un signe de tête. L’ascenseur s’ouvre. La journée commence.

Underground Way

Photo par ashleigh290.

La maison de sable

Laisser un commentaire
Création / Ecrivaillerie / Moi

Dans les dunes, loin de la plage fréquentée par les estivants, se tient une maisonnette abandonnée. Ouverte à tous les vents, elle demeure toujours debout, ses quatre murs et son toit faisant fièrement face aux éléments comme un vétéran d’une ancienne guerre. Pleine de cicatrices, mais encore là.

Ses pièces sont envahies du sable poussé à l’intérieur par les vents. Les murs sont usés du frottement des grains, à tel point qu’ils en ont pris la couleur dorée. Pourtant çà et là, malgré la pâleur, on peut encore deviner à quoi pouvait ressembler la tapisserie ou la peinture de telle ou telle pièce. En de très rares cas, il y a même la trace rectangulaire et fantomatique d’un cadre.

Alors qu’elle s’engloutit lentement dans le sable comme un bâtiment naufragé, on ne peut s’empêcher de rêver la vie qu’il y a eu ici, en parcourant les pièces vides. Des souvenirs s’accrochent à ces lieux tels des lambeaux de tissus bientôt arrachés par le vent. On traverse le salon, et l’on est traversé par les voix du passé. Si on se place devant la grande fenêtre qui donne vers la mer, on peut entendre les rires des enfants jouant dans le sable. Tournons la tête et, peut-être, du coin de l’œil, verrons-nous une fraction de seconde les parents sourire, rassurés.

Par un effet inexplicable, il n’y a aucune souillure ici. Personne ne s’y cache, personne n’y jette quoi que ce soit. Seul le sable a le droit d’y séjourner, pour la dévorer lentement, la digérer tout doucement. La maison est un sanctuaire. Le temps s’y est cristallisé un moment, mais même lui ne résiste pas à l’abrasion. Mais, tant qu’il reste une note de couleur, tant que le vent continue de chanter les souvenirs des vacances passées, tant que nous, rêveurs, pouvons continuer à nous perdre dans cette étrange nostalgie, la maison vivra encore un peu.

La maison de sable

Ce jour-là…

Laisser un commentaire
Ecrivaillerie / Humeur / Moi

Le jour où l’humanité découvrira que les cintres sont bien plus que des accessoires de rangement domestique, qu’ils sont en fait des drones malfaisants pilotés par des entités pluridimentionnelles, vindicatives et animées par un plan machiavélique pour conquérir le monde et se débarrasser de nous, ce jour-là je serai négligemment appuyé contre un mur. Tout en mâchonnant une allumette, je vous regarderai vous faire massacrer en tentant de résister face à un envahisseur qui vous aura prit par surprise. Je serai le témoin de la chute de l’homme. Et quand le dernier d’entre vous se tournera vers moi, épuisé et perdu, pour implorer mon aide, je hausserai les épaules et, avant de m’éloigner, je lui dirai :
— Je vous l’avais bien dit.

Je dois vous avouer quelque chose, avant qu’on en arrive là : j’ai encore tué un cintre en rangeant mon linge, tout à l’heure.

Demain, les chiens…

Laisser un commentaire
Divers / Humeur

Hier soir, nous étions cours Julien à Marseille. À un moment, j’ai vu, depuis une terrasse, parmi un regroupement de gens d’origines et d’états divers, un pseudo-punk s’énerver contre son chien. Le type devait être passablement imbibé, voire sous l’emprise d’autre chose. Peu importe. Le chien était sans doute un bâtard de quelque chose approchant le pit-bull. Blanc avec quelques discrètes taches noires, comme des grains de beauté. Et il m’a semblé jeune. Son comportement transpirait le brave toutou.
Le proto-punk s’énervait tout seul, sans doute dans le courant d’une discussion. Le chien semblait connaître la faune locale et baguenaudait d’une personne à l’autre, visiblement content d’être là. Et puis son propriétaire a commencé à faire de grands gestes, et à lui crier dessus. De là où j’étais, je ne pouvais pas comprendre la nature des récriminations. Mais il a continué, jusqu’à l’empoigner, le secouer, le retourner brutalement. Le chien s’est mis à couiner, de peur ou de douleur, je n’ai pas su dire. Cela s’est terminé par des claques sur le museau pour qu’il reste couché. Le chien a obtempéré et l’homme a fini par se calmer et retourner vers ses interlocuteurs. Tout cela sans jamais lâcher la bière qu’il avait à la main.
Ce qui m’a le plus fendu le cœur, c’est de voir le chien, blotti contre la marche où son maître l’avait plaqué. Il ne quittait pas des yeux celui-ci, et battait de la queue, sans doute plein d’espoir de réussir à faire plaisir à son humain.

J’aurai volontiers atomisé l’individu en question. Mais comme je n’avais pas l’arme adéquate sur moi, je n’ai pas bougé.
J’ai réfléchi, plutôt.

Je me suis posé une question à laquelle je n’ai pas trouvé de réponse.
Il y a un moment extraordinaire, dans l’histoire de la civilisation humaine, où nous avons réalisé quelque chose. Qu’avons-nous donc pu bien faire pour mériter l’affection, l’amour de la race canine ?
J’ai beau feuilleter mes maigres connaissances de l’histoire de l’homme, je n’arrive pas à comprendre. Rien, dans ce que l’homme fait à lui-même ni à son environnement ne peut justifier qu’un animal comme le chien continue à nous faire autant confiance.

Je crois que nous devrions leur laisser la place. Ils la méritent infiniment plus que nous.
Pierre Boule avait tord, Clifford Simak avait raison.
J’espère qu’un jour, la Terre sera la planète des chiens.

Snoopy

Une photo de mon toutou. Une pâte, une crème, un meilleur être humain que je ne le serais jamais.

Petite 8stoire

Laisser un commentaire
Création / Ecrivaillerie

Dans l’immense palais de l’octoseigneur, la cours entourait sa Grande Tentaculerie. Celui-ci fit appeler son conteur ; il s’ennuyait.
Lorsque le raconteur se fut installé, l’empereur Octohuit le huitième mis ses tentacules communicatrices en contact avec son interlocuteur et, par un mélange de phéromones et de variations de couleurs dermiques, il lui intima l’ordre de lui raconter une histoire :
— Divertis-nous, Conteur !
Ce dernier s’installa devant l’octotrône, rassembla ses tentacules en un geste réclamant le silence, puis entama son récit :
— Il était une fois un homme…
— Oh, chouette, l’interrompit alors une courtisane. De la science-fiction ! J’adore ça !

Elite:Dangerous veut me faire rage-quitter :(

Laisser un commentaire
Humeur / Jeux Vidéos / Loisirs / Moi

Petite mésaventure d’hier…

Comme à presque chaque séance dans ce jeu, j’accepte cinq ou six missions commerciales, dont une devant me rapporter à elle seule quelque un million de crédits. C’est une offre qu’on ne peut pas refuser, m’a dit quelqu’un avec un vilain accent sicilien.

E:D - Python au décollage

 

Bref, me voilà parti. A peine ais-je dépassé le sas de la station qu’un message me parvient. L’un des chargements que j’ai accepté de convoyer intéresse un pirate. Coup classique mais ennuyeux ; le dit pirate s’inscrivant alors, dans la mécanique de jeu, dans la mission. Cela veut dire qu’il ne cessera de m’attaquer que si je livre la marchandise ou si je le détruit. Ou…

Bref, je décide que cette livraison sera prioritaire, histoire qu’il me fiche la paix pour la suite.

Je fais le premier des trois ou quatre sauts devant m’amener au système ciblé. À peine sorti d’hyperespace, un pirate se colle à moi. Une rapide analyse m’indique un novice à bord d’un vaisseau assez peu impressionnant. Une cible facile, surtout s’il s’agit de celui convoitant ma cale. Je me laisse capturer et déploie mon armement. Le combat est assez rapide et ma pauvre victime tente de prendre la fuite. Je pousse mes réacteurs à sa suite pour l’achever. Malheureusement, j’ai mal dosé mon élan, et je l’ai si bien rattrapé que je l’ai percuté de plein fouet. Le pauvre petit ne s’en est pas remis ; son vaisseau a explosé sous l’impact. Double peine pour moi : mon propre vaisseau a prit cher en dégâts, ne me laissant qu’avec à peine 14% d’intégrité de la coque et pas de prime. Oui, techniquement je ne l’ai pas abattu. Bon.

Toujours en route pour ma destination de livraison, je fais escale dans une station pour réparer. Vu l’état de mon appareil, je n’aurai pas survécu à la moindre nouvelle escarmouche. Vu l’état pitoyable de mon Python, les réparations me coûtent très cher ; 125.000 crédits. Ouch. Mais je repars, coque à 100%, bouclier et armement rechargés.

E:D - Passage d’une planète

 

Le reste du trajet se fait sans soucis et, à l’instar de l’équipe d’Apollo 13 devant un réacteur défaillant au décollage, je me suis dit «C’était le pépin de la mission.» Et, comme eux, je me trompais lourdement.

J’arrive enfin dans le système solaire visé, et je pointe mon appareil vers la station (un simple avant-poste commercial). J’avoue que je n’étais pas fondamentalement serein ; le pirate de la mission ne s’était pas encore manifesté, et l’avais 2000 soleils à parcourir pour atteindre ma destination, quatre fois ce qu’il faut de distance pour se faire attaquer.
C’est d’ailleurs ce qui s’est passé ; la dite crapule s’est rapidement manifestée. Un scan rapide m’apprend qu’il s’agit d’un vétéran à bord d’un Python lui aussi. Là, j’ai commencé à serrer les fesses. Je savais que ça n’allait pas être un adversaire facile, un Python équipé pour le combat est l’équivalent d’un char d’assaut sous anabolisants. J’ai déjà décidé de ne pas l’affronter, et de fuir aussitôt qu’il m’aurait harponné. Quitte à le faire autant de fois que nécessaire pour atteindre la station. Je l’avais déjà fait, la manœuvre est sûre mais pénible et longue.

E:D - Le Python

Le Pythorn, appareil versatile de taille moyenne fabriqué par Falcon Delacy.

Coup de harpon. Je me laisse faire, garantissant ainsi une récupération rapide de mes systèmes et un départ rapide de la zone de combat. À peine sorti de l’hyper-vitesse, j’encaisse deux coups violents. L’ordinateur m’avertit que j’ai prit des dégâts thermiques, signature d’un armement non conventionnel, et je vois avec horreur mon bouclier tomber aussitôt à zéro. Je ne souriais plus. Du tout.

J’accélère à fond, donnant un coup de boost pour m’éloigner le plus vite possible. J’enclenche le FSD, espérant me tirer de ce guêpier le plus vite possible. Las, l’ordinateur de bord me balance un «FSD impossible : masse perturbatrice niveau 17». La «masse perturbatrice» est une masse gravitique exerçant son influence sur l’appareil. Tant que celle-ci est trop forte, le FSD ne peut s’enclencher. C’est pour cela qu’il est impossible d’activer le FSD aux abords des stations ou qu’il faille attendre de s’éloigner des planètes desquelles on vient de décoller avant de sauter vers un autre système. Là, en l’occurrence, le Python pirate, appareil relativement massif, me bloquait le champ.

Que me restait-il comme solution ? Zig-zaguer en tout sens, martyriser la touche de boost pour tenter de m’éloigner suffisamment de lui pour récupérer mon FSD et invectiver tout et n’importe quoi. Sans mes boucliers, ça n’a pas duré bien longtemps. Il aura fallu deux ou trois coups placés pour que toute l’interface s’éteigne, et que la dernière phrase lancée par mon ordinateur de bord soit un laconique «Eject! Eject!».
Et, boum. Environs 30 secondes après le coup de harpon.

E:D - Survol d’une base planétaire

 

Bilan.
J’ai perdu mon vaisseau. L’assurance me permet, moyennant la franchise, de le récupérer tel quel, avec tout ses équipements. Cependant, l’assurance ne couvre pas la cargaison. Or, celle-ci concernait les livraisons des missions en cours. Il va sans dire que je ne pourrais pas les honorer. Perte sèche, bien entendu. Mais pas que, puisque si une mission est un échec, la faction avec qui vous signez le contrat vous colle à l’amende. Voici donc la note que m’a coûté cette mésaventure :

  • 1ère escarmouche : 125.000 crédits de dégâts
  • 2ème escarmouche : 3.500.000 crédits d’assurance + 2.500.000 crédits de bénéfices potentiels perdus + 200.000 crédits d’amendes
  • Total : 6.325.000 crédits perdus.

Bref, je suis rage.

Trondheim m’a déçu (mais pas que lui)

Laisser un commentaire
Bouquin / Humeur / Loisirs

Je suis plutôt du genre à parler sur les rézôsossiox de ce que j’aime, ce qui me fait vibrer, et rarement l’inverse. Mais là, je vais faire une exception : « Mickey’s Craziest Adventures » dessiné par Keramidas et scénarisé par Trondheim.

Mickey’s craziest adventures

Ce truc a été encensé à peu près partout sur à peu près tout les médias. Pourquoi ? Hé bien, j’en sais rien. Je ne connaissais pas Keramidas, mais son trait respectant le Mickey canonique de la grande époque parvient à frôler l’étrange, on sent souvent sourdre sous la surface quelque chose d’irrévérencieux, de sombre, voire de glauque, mais… non, ça n’arrive jamais.
Trondheim, d’un autre côté, je connais bien et j’ai tendance à adorer son humour lent, posé, travaillé comme du Desproges de bédé. Mais il était où quand il a signé cet album ? Les dialogues et situations sont aussi classiques et nunuches qu’un véritable numéro d’époque. Il a fait œuvre d’hommage, mais à quoi bon ?
À l’arrivée, j’ai lu ce truc d’un bout à l’autre, en baillant deux ou trois fois. Puis je l’ai refermé. J’ai cligné deux, trois fois des yeux, j’ai baillé une dernière fois, puis j’ai ouvert « Ce qu’il faut de terre à l’homme », du Tolstoï magnifiquement mis en cases par Martin Veyron. Ça c’était une véritable expérience de bédé !

Ce qu’il faut de terre à l’homme

 

 

pas_peur